Le statut d'espèce menacée attire l'attention sur la vulnérabilité et le risque de disparition d'une espèce. |
| Extinction des espèces |
En biologie et écologie, l'extinction est la disparition totale d'une espèce ou groupe de taxons, réduisant ainsi la biodiversité.
Le dodo, ici illustré, est un exemple d'extinction souvent cité. En biologie et écologie, l'extinction est la disparition totale d'une espèce ou groupe de taxons, réduisant ainsi la biodiversité. À travers l'évolution, de nouvelles espèces apparaissent par le processus de la spéciation ? où de nouvelles variétés d'organismes émergent et se développent quand elles sont capables de trouver et d'exploiter une niche écologique ? et des espèces disparaissent quand elles ne sont plus capables de survivre dans des conditions changeantes ou contre une concurrence supérieure. Typiquement, une espèce s'éteint en 5 à 10 millions d'années (hors période de crise biogéologique)[1], bien que certaines espèces, appelées fossiles vivants, survivent pratiquement inchangées pendant des centaines de millions d'années[réf. nécessaire]. Seulement 1/1000 des espèces ayant existé sont encore vivantes aujourd'hui.[1],[2] Avant la propagation de l'homme sur toute la planète, le taux d'extinction était invariablement faible, les extinctions de masse étant des événements relativement rares. Démarrant approximativement il y a 100 000 ans et coïncidant avec la croissance du nombre et de la répartition des hommes, l'extinction des espèces a augmenté à un taux sans précédent[3] depuis la grande extinction du Crétacé. Ce phénomène est connu sous le nom d'extinction de l'Holocène et représente la sixième extinction massive. Certains experts estiment que plus de la moitié des espèces vivantes aujourd'hui peuvent s'éteindre d'ici 2100.[4],[5] Cet alarmisme, loin de faire l'unanimité, est extrêmement critiqué[6][7].
DéfinitionsUne espèce est réputée « disparue » quand le dernier membre de cette espèce est mort. L'extinction devient donc une certitude quand il n'y a plus d'individus survivants capables de se reproduire et de créer une nouvelle génération. Une espèce est dite « fonctionnellement éteinte », lorsque les individus survivants ne peuvent plus se reproduire, à cause d'une santé faible, de l'âge ou d'une distribution éparse sur une grande étendue, d'un nombre trop réduit d'individus, ou encore à cause d'un manque d'individus d'un des deux sexes (pour les espèces à reproduction sexuée) ou pour d'autres raisons. Écorce de l'une des espèces de Lepidodendron, fougères arborescentes disparues après le Carbonifère, probablement à cause de la compétition avec des plantes plus récentes.[8] Établir l'extinction (ou pseudoextinction, voir chapitre suivant) d'une espèce requiert une définition claire de cette espèce. Si elle est déclarée éteinte, l'espèce en question doit être identifiable de manière unique, bien différenciée de ses ancêtres, espèces descendantes ou proches. L'extinction d'une espèce (ou remplacement par une espèce descendante) joue un rôle clé dans l'hypothèse de l'équilibre ponctué de Stephen Jay Gould et Niles Eldredge. En écologie, le terme extinction est souvent utilisé informellement en référence au phénomène d'extinction locale (ou extirpation), dans lequel une espèce cesse d'exister dans une zone d'étude donnée mais vit encore ailleurs. Une extinction locale peut être suivie d'une recolonisation naturelle, ou d'une réintroduction d'individus de cette espèce prélevés dans d'autres régions (avec parfois des échecs, quand la niche écologique a été occupée ou modifiée par d'autres espèces). L'extinction d'une population sauvage d'une espèce peut avoir des répercussions écopaysagère, et notamment provoquer des extinctions supplémentaires, dites « extinctions en chaîne » ou coextinctions[9]. Datation des extinctionsLes dates d'extinction ne sont souvent qu'indicatives, car : Pour les périodes anciennes ; elle est fixée par l'étude des fossiles par la paléontologie, avec donc des dates qui peuvent être comprises dans de larges fourchettes, mais susceptibles d'être précisées par de futures découvertes scientifiques. Des approches génétiques visant à remonter la radiation évolutive sont aussi en développement. Pour les espèces contemporaines ou récemment disparues ; par commodité, la date d'extinction est généralement considérée comme étant celle de la mort du dernier individu connu de l'espèce, ce qui peut induire des biais ou erreurs dans l'analyse des conséquences écologiques de ces disparition. En effet :
PseudoextinctionQuelques auteurs ont voulu nuancer le phénomène d'extinction en distinguant ;
Cette approche veut insister sur la continuité d'une partie du patrimoine génétique, mais outre que celle-ci est déjà prise en compte par la théorie de l'évolution, la notion de pseudoextinction prend mal en compte la définition admise de l'espèce. De plus elle est porteuse d'ambiguïté, en effet les filiations et fonctions du patrimoine génétique sont encore mal comprises et il est difficile de savoir à partir de quand on pourrait considérer qu'une « espèce-fille » est devenue une espèce indépendante (toutes les espèces descendantes peuvent-être d'un même organisme originel, en poussant ce concept à son extrême, il faudrait reclasser toutes les extinctions en pseudo-extinction). Les espèces domestiquées seraient alors à considérer comme leurs ancêtres ou parents sauvages proches, la disparition de l'auroch ou du Hyracotherium n'étant par exemple qu'une pseudoextinction. La réalité d'une pseudoextinction est délicate à établir autrement que par des faisceaux d'indices liant fortement une espèce vivante aux membres d'une espèce préexistante. Par exemple, il est parfois soutenu que le Hyracotherium disparu, qui était un ancien animal similaire au cheval, est pseudoéteint plutôt que éteint, parce qu'il y a plusieurs espèces vivantes du genre Equus, incluant les zèbres et les ânes. Cependant, comme les espèces fossiles ne laissent pas ou peu de matériel génétique, il est impossible de dire si Hyracotherium a évolué vers les espèces de chevaux modernes ou simplement évolué depuis un ancêtre commun avec le cheval moderne. La pseudoextinction est plus simple à démontrer pour des groupes taxonomiques plus importants. Il est dit que les dinosaures sont pseudoéteints, car certains de leurs descendants, les oiseaux, existent encore aujourd'hui. « Réapparition » d'espècesPour les espèces ubiquistes et à large aire de répartition, déterminer le moment de leur extinction est difficile, et habituellement fait rétrospectivement, voire sans certitudes, comme l'illustre le phénomène dit de « taxon Lazare »[10] dans lequel une espèce présumée éteinte « réapparaît » subitement (typiquement dans un enregistrement fossile) après une période d'apparente absence. Des espèces d'abord considérées comme "éteintes", faute d'individus observés pendant plusieurs années ou décennies, peuvent ainsi être redécouvertes. Ce fut le cas par exemple du Pic à bec ivoire, du Petaurus gracilis, du Takahé ou du Fuligule de Madagascar ou le potorou de Gilbert, présumé éteint durant 120 ans. Le cas le plus célèbre étant le C?lacanthe. Cependant, les grands organismes de conservation comme l'UICN considèrent que ces espèces restent menacées de disparition si leur nombre d'individus et leur diversité génétique sont faibles, et qu'ils sont à un stade proche de l'incapacité à renouveler les générations. CausesLe pigeon migrateur, une des nombreuses espèces d'oiseaux éteintes, a été chassé jusqu'à l'extinction en l'espace de quelques décennies. Plusieurs causes peuvent contribuer directement ou indirectement à l'extinction d'une espèce ou d'un groupe d'espèces. « De la même façon que chaque espèce est unique, chaque extinction l'est aussi... les causes de chacune d'entre elles sont variées ? certaines subtiles et complexes, d'autres évidentes et simples »[11]. Plus simplement, toute espèce inapte à survivre ou à se reproduire dans son environnement, et incapable de se déplacer jusqu'à un nouvel environnement où elle peut le faire, meurt et s'éteint. Une espèce ne présentant normalement pas de risque d'extinction peut disparaître subitement lors d'événements particulièrement graves, comme lorsqu'une pollution rend l'ensemble de son habitat invivable ; à l'inverse, le phénomène d'extinction peut se dérouler progressivement sur des milliers ou des millions d'années, par exemple lorsqu'une espèce perd graduellement l'avantage dans la compétition pour la nourriture face à des espèces mieux adaptées. Dans son ouvrage Extinction: Bad Genes or Bad Luck ("Extinction : mauvais gènes ou malchance"), le paléontologue David Raup examine l'importance des facteurs génétiques et environnementaux à provoquer les extinctions, et compare ce thème avec le débat "inné contre acquis".[2] Savoir si les extinctions relevées dans les sondages paléontologiques ont été causées plus particulièrement par l'évolution des espèces ou par des catastrophes est un sujet de débat ; Mark Newman, l'auteur de Modeling Extinction est en faveur d'un modèle mathématique se situant entre les deux positions.[1] À l'inverse, la biologie de la conservation utilise le modèle de la spirale d'extinction afin de classer les extinctions selon leur cause. Causes génétique et démographiqueLa génétique des populations et les phénomènes démographiques affectent l'évolution et donc le risque d'extinction des espèces. Les espèces ayant de faibles populations sont beaucoup plus vulnérables à ces événements. De façon simplifiée, la sélection naturelle propage les traits génétiques bénéfiques et élimine les faiblesses. Il est néanmoins possible qu'une mutation délétère se répande au sein d'une population à cause d'une dérive génétique. Un pool génétique varié donne à une population une meilleure chance de survie face à des changements néfastes de sa condition de vie. Les phénomènes causant une perte de diversité génétique peuvent augmenter le risque d'extinction. Le phénomène de « goulet d'étranglement » de population[12] est en mesure de réduire significativement cette diversité en limitant fortement le nombre d'individus reproducteurs et rend la consanguinité plus fréquente. L'exemple le plus extrême du goulet d'étranglement de population est l'effet fondateur, qui peut entraîner une spéciation rapide. Destruction de l'habitatLa destruction de l'habitat d'une espèce peut altérer le paysage adaptatif à un point tel que l'espèce n'est plus en mesure d'y survivre et donc s'éteint. Cela peut arriver par des effets directs comme la pollution de l'environnement, ou indirectement, par la limitation de la capacité d'une espèce à rester efficace dans la compétition pour les ressources naturelles ou contre de nouvelles espèces concurrentes. La dégradation de l'habitat par la toxicité peut mettre fin à une espèce très rapidement, en tuant tous les membres par contamination ou en les rendant stériles. Cela peut se produire sur de longues périodes, à des niveaux faibles de toxicité, affectant la durée de vie, les capacités de reproduction ou de compétitivité. La dégradation peut aussi prendre la forme d'une destruction physique des habitats, ayant de tout temps existé, mais avec une ampleur beaucoup plus importante notamment depuis la révolution industrielle. Un exemple célèbre est la destruction des forêts tropicales humides et son remplacement par des pâturages, ce qui a ainsi considérablement réduit les populations d'Orang-outan en Asie ; la destruction de la forêt dense entraîne l'élimination de l'infrastructure nécessaire à la vie de nombreuses espèces. Par exemple, une fougère a besoin de beaucoup d'ombre pour se protéger de la lumière directe du soleil. Elle ne peut survivre sans une forêt pour l'abriter. Autre cas, la destruction du plancher océanique par le chalutage des fonds marins, le drainage des zones humides pour la sylviculture ou l'agriculture, etc. Des ressources en baisse où la présence de nouvelles espèces en compétition accompagne souvent la dégradation de l'habitat. Le réchauffement climatique a permis à certaines espèces d'étendre leur territoire, apportant une compétition non désirée avec les espèces qui occupaient déjà cette zone. Parfois ces nouveaux compétiteurs sont des prédateurs et affectent les espèces proies, ou bien ces nouveaux arrivants sont en forte concurrence avec les espèces locales pour des ressources naturelles en quantité limitée. Les ressources vitales telles que l'eau et la nourriture peuvent aussi être limitées, menant à l'extinction. Le crapaud doré a été vu pour la dernière fois en 1989. Le déclin des populations d'amphibiens perdure sur toute la planète. Prédation, compétition et maladieLes hommes ont transporté des animaux et plantes d'un coin à l'autre du monde depuis des milliers d'années, parfois délibérément (ex. le bétail débarqué sur les îles et utilisé comme nourriture) et parfois accidentellement (ex. les rats s'échappant d'un bateau). Dans la plupart des cas, de telles introductions sont sans succès, mais lorsqu'une espèce réussit à coloniser un territoire (elle devient alors une espèce invasive), les conséquences peuvent être catastrophiques. Les espèces invasives peuvent affecter les espèces natives en les mangeant, entrant en compétition avec elles, en introduisant des pathogènes ou parasites qui les rendent malades ou les tuent, ou encore indirectement en dégradant leur habitat. Les populations humaines peuvent également agir comme des prédateurs invasifs. Selon l'hypothèse de l'extermination préhistorique[13], la rapide extinction de la mégafaune dans des zones comme la Nouvelle-Zélande, l'Australie, Madagascar et Hawaï résultent d'une soudaine introduction d'humains dans des environnements remplis d'animaux qui n'en avaient jamais vus auparavant et étaient ainsi complètement inadaptés à leurs techniques de prédation. La surexploitation par la chasse peut mener à la disparition totale d'une espèce : ce fut le cas du dodo ou des grands mammifères disparus au cours des derniers millénaires. De nos jours, la croissance des échanges internationaux augmente le risque de propagation d'espèces invasives. Afin d'éviter ce phénomène, des contrôles douaniers aux frontières sont effectués, particulièrement dans les aéroports. CoextinctionLa coextinction se réfère à la perte d'une espèce due à la disparition d'une autre espèce, par exemple, l'extinction d'insectes parasites après l'extinction de leurs hôtes. Une coextinction peut aussi se produire lorsqu'une espèce végétale perd son espèce pollinisatrice principale, ou lorsqu'un prédateur n'a plus de proie. D'après Lian Pih Koh, chercheur en écologie et biologie de l'évolution à l'Université Nationale de Singapour :
Extinctions massivesIl y a eu au moins six grandes extinctions de masse au cours de l'histoire de la vie sur Terre, s'échelonnant de -500 millions d'années (ordovicien) à -65 Ma (crétacé), au cours desquelles de nombreuses espèces ont disparu en une période de temps relativement courte (à l'échelle des temps géologiques). Dans l'ordre chronologique :
Extinction massive de l'époque moderneD'après un sondage de 1998 effectué auprès de 400 biologistes par le Muséum d'histoire naturelle américain de New-York, près de 70% des biologistes pensent que nous sommes actuellement au début d'une extinction de masse causée par l'homme,[15],[16] connue en tant qu'extinction de l'Holocène. Dans ce sondage, la même proportion de personnes interrogées étaient d'accord avec la prédiction que jusqu'à 20% de toutes les populations vivantes pourraient s'éteindre d'ici une trentaine d'années (en 2028). Le biologiste Edward Osborne Wilson a estimé en 2002 que si le taux actuel de destruction de la biosphère par l'homme se maintenait, la moitié de toutes les espèces en vie sur Terre seraient éteintes d'ici 100 ans.[17] De façon plus significative, le taux d'extinction d'espèces à l'heure actuelle est estimé entre 100 et 1000 fois plus élevé que le taux moyen d'extinction qu'a connu jusqu'ici l'histoire de l'évolution de la vie sur Terre[18], et est estimée à 10 à 100 fois plus rapide que n'importe quelle extinction de masse précédente. En 2004, une étude parue dans Nature réalisée sous la direction de Chris Thomas et basée sur un échantillon de régions couvrant 20% de la surface terrestre montre que les changements climatiques entraîneront la perte de 15 à 37% des espèces vivantes d'ici 2050, suivant les scénarios[19]. Soit un rythme dépassant très largement l'échelle des temps géologiques ; ce qui annonce la sixième crise d'extinction massive des espèces que la Terre ait connue (les précédentes étant listées en préambule), cette fois pour des raisons anthropiques. D'après l'Union mondiale pour la conservation, 784 extinctions ont été enregistrées depuis l'année 1500, la date arbitraire choisie pour définir les extinctions de l'époque moderne, bien que de nombreuses autres extinctions aient pu passer inaperçues.[20] Évolution de la compréhension scientifiqueLe Dilophosaurus, une des nombreuses espèces disparues de dinosaures. Les causes de l'extinction du Crétacé ont toujours été (et sont encore) un sujet de débat parmi les scientifiques. Dans les années 1800 lorsque le phénomène d'extinction fut la première fois décrit, l'idée même d'extinction était effrayante pour les partisans de la Grande chaîne de la vie, une position théologique qui n'admettait pas la possibilité de l'existence de "chaînons manquants".[21] La possibilité de l'extinction n'était pas largement acceptée avant le XIXe siècle[21]. Le célèbre naturaliste Carl von Linné pouvait « difficilement concevoir » l'idée que les hommes puissent causer l'extinction d'une espèce[22]. Lorsque certaines régions du monde n'étaient pas encore totalement explorées et cartographiées, les scientifiques ne pouvaient pas éliminer la possibilité que les animaux retrouvés seulement sous forme fossile ne se cachaient pas simplement dans des zones inexplorées du globe.[23] On attribue à Georges Cuvier la présentation de l'extinction en tant que fait dans un cours magistral de 1796 à l'Institut de France.[21] Les observations de Cuvier d'ossements fossiles l'ont convaincu qu'ils n'appartenaient pas à des animaux existants encore. Cette découverte fut primordiale pour la diffusion de l'uniformitarisme[23] et conduisit au premier ouvrage publiant l'idée d'évolution.[24] Implication de l'homme dans le phénomèneLe phénomène d'extinction est un important domaine de recherche en zoologie, et en biologie en général, et est également devenu un sujet d'intérêt en dehors de la communauté scientifique. Un certain nombre d'organisations, comme le WWF, ont été créées dans le but de préserver les espèces de l'extinction. Les gouvernements ont tenté, en édictant des lois, d'éviter que l'homme ne surexploite une espèce ou ne détruise son habitat. Bien que plusieurs extinctions causées par l'homme l'aient été par accident ou par négligence, certains combats délibérés ont été engagés dans le but d'éradiquer certaines espèces, comme des virus dangereux. Le biologiste Bruce Walsh de l'Université d'Arizona constate trois raisons de l'intérêt scientifique pour la préservation des espèces : les ressources génétiques, la stabilité des écosystèmes et l'éthique [25]. Ainsi aujourd'hui la communauté scientifique souligne l'importance de maintenir la biodiversité.[25],[26] À l'époque moderne, les intérêts commerciaux et industriels entrent souvent en conflit avec les intérêts conservationnistes. Lorsque les technologies commerciales sont testées, le test tend à se concentrer uniquement sur ses effets sur l'homme. Néanmoins, des technologies ayant un impact nul ou minime sur l'homme peuvent se révéler gravement néfastes pour la vie sauvage (par exemple le DDT[27]). Dans des cas extrêmes, ces nouveaux procédés peuvent eux-mêmes causer des extinctions involontaires comme effet secondaire. Le biogéographe Jared Diamond remarque que bien que les grandes entreprises dénoncent une certaine exagération autour des menaces d'extinction, certaines trouvent leur intérêt à adopter une politique de communication autour de bonnes pratiques de conservation de la nature qu'ils peuvent mettre en place, surpassant parfois les efforts engagés par des organismes dédiés à la conservation de la nature comme les parcs nationaux.[28] Les gouvernements voient parfois la perte d'espèces locales comme une perte pour l'écotourisme[29] et peuvent édicter des lois prévoyant une punition sévère contre le commerce des espèces autochtones, afin de prévenir l'extinction dans la nature. Des réserves naturelles sont créées par les gouvernements comme un moyen de fournir de façon durable des habitats naturels aux espèces oppressées par l'expansion humaine. La Convention sur la diversité biologique de 1992 a permis la mise en place de plans d'action pour la biodiversité tentant de fournir des lignes directrices compréhensibles pour les projets de conservation de la biodiversité des gouvernements. Des groupes de soutien comme le "Wildlands Project"[30] et l'"Alliance for Zero Extinctions",[31] travaillent à éduquer le public et faire pression sur les gouvernements pour qu'ils prennent des initiatives de conservation. Les gens qui vivent proches de la nature peuvent être dépendants de la survie de toutes les espèces de leur environnement et pourraient être considérés comme ceux qui sont les plus concernés par les risques d'extinction. Cependant, du fait de la surpopulation humaine dans les pays pauvres tropicaux, d'énormes pressions sont exercées sur les forêts par l'agriculture de subsistance et l'usage imprudent des techniques agricoles de brûlis. En conséquence, les populations indigènes favorisent la survie au jour le jour à la conservation des espèces.[32] Extinction planifiéeL'homme a parfois ardemment travaillé à éradiquer plusieurs espèces de virus dans un objectif de lutte contre les maladies. Par exemple, le virus de la variole est désormais considéré comme éteint dans la nature[33] ? bien que des échantillons soient conservés dans certains laboratoires, et le virus de la poliomyélite est maintenant confiné à quelques régions réduites du globe grâce aux efforts de l'homme pour guérir la maladie qu'il cause.[34] Olivia Judson est l'une des quelques scientifiques modernes à argumenter en faveur de l'extinction délibérée de certaines espèces. Son article "A Bug's Death" du 25 septembre 2003 dans le New York Times, défend la cause du "specicide" de trente espèces de moustiques grâce à l'introduction d'un gène "knock out"[35] récessif. Ses arguments pour agir ainsi sont que les moustiques anophèles (vecteurs de la malaria) et les moustiques aèdes (vecteurs de la dengue, la fièvre jaune, l'éléphantiasis et d'autres maladies) représentent seulement 30 espèces ; les éradiquer pourrait sauver au moins un million de vies humaines au prix d'une réduction de la diversité génétique de la famille Culicidae de seulement 1%. Olivia Judson va même plus loin en argumentant que puisque les extinctions d'espèces se produisent tout le temps, la disparition de quelques espèces de plus ne risque pas de détruire l'écosystème :
De plus les programmes anti-malaria et de contrôle des populations de moustiques n'offrent qu'un réaliste faible espoir aux 300 millions de personnes dans les pays en développement qui sont infectées chaque année ; bien que des essais soient en cours, Olivia Judson écrit que s'ils échouent : "Nous devons considérer la solution radicale (i.e. exterminer les moustiques).[36] Clonage d'espèces éteintesLe clonage de la sous-espèce pyrenaica du Bouquetin des Pyrénées, disparue en janvier 2000, est un des projets pour "ramener à la vie" un taxon disparu. Le concept de clonage des espèces éteintes a été rendu célèbre dans le roman et film à succès Jurassic Park. Bien qu'aucune espèce éteinte n'ait encore été recréée, les récentes avancées technologiques ont encouragé l'hypothèse que grâce au procédé de clonage, une espèce éteinte pourrait être "ramenée à la vie".[37] Les sujets d'étude de clonage incluent le mammouth[37] et le thylacine (loup de Tasmanie), bien que le projet pour ce dernier ait été abandonné, de par la mauvaise qualité de l'ADN actuellement disponible pour cette espèce et des limitations technologiques.[38]. Le clonage d'une espèce éteinte n'a pas encore été tenté, principalement du fait de limitations technologiques, en plus des objections bioéthiques et philosophiques qu'une telle tentative peut soulever. L'ADN se conserve mal, et il est peu probable que l'ADN d'organismes qui ont vécu il y a 10 000 ans ne puisse jamais être retrouvé[réf. souhaitée]. Un programme récent de clonage d'une sous-espèce de Bouquetin des Pyrénées, Capra pyrenaica ssp. pyrenaica, a été engagé en 2003, afin de tenter la restauration de la sous-espèce, disparue le 6 janvier 2000 suite à la mort du dernier individu[39], dans le Parc national d'Ordesa et du Mont-Perdu dans les Pyrénées espagnoles. La première tentative en 2003 de clonage, à partir de tissus prélevés sur la dernière femelle de la sous-espèce avant sa mort, a néanmoins abouti à un échec, les embryons obtenus n'ayant pas survécu au-delà du deuxième mois de gestation[40]. L'expérience constitue néanmoins une première, encourageante selon le chercheur en chef responsable du projet, José Folch. Afin qu'un programme de clonage d'espèce éteinte puisse aboutir, un nombre suffisant d'individus devront être clonés (dans le cas d'organismes à reproduction sexuée) afin de créer une population de taille viable et afin d'éviter notamment les phénomènes de dérive génétique. Conservation des espèces menacées d'extinction
La prise de conscience par l'homme de l'accélération des extinctions d'espèces, notamment celles dues à l'impact de ses activités, a favorisé l'émergence des mouvements de conservation de la nature à travers le monde. Les moyens d'actions pour tenter de préserver les espèces menacées d'extinction sont multiples. Tout d'abord par la création d'organisations spécifiquement dédiées à la conservation de la nature à différentes échelles et dans de nombreuses parties du monde : des modestes associations de protection de l'environnement local, aux organisations non gouvernementales et les grandes institutions mondiales de conservation de la nature (Greenpeace, UICN, Ocean Conservancy, Birdlife International, etc.).[3] La volonté mondiale de créer une institution en charge de la surveillance et de la conservation des espèces animales et végétales menacées d'extinction s'est traduite le 5 octobre 1948 par l'Union internationale pour la protection de la nature[41]. Une nomenclature commune des menaces d'extinction sera alors élaborée, aboutissant à la création du statut de conservation "éteint à l'état sauvage". Les espèces listées sous ce statut par l'Union mondiale pour la nature (UICN) n'ont pas de spécimens vivants connus dans la nature sauvage et sont maintenus dans des zoos ou d'autres environnements artificiels. Certaines de ces espèces sont fonctionnellement éteintes car elles ne font plus partie de leur habitat naturel et il est très improbable qu'elles puissent retourner à une vie sauvage. Quand cela est possible, les institutions zoologiques modernes tentent de maintenir une population viable pour assurer la préservation de l'espèce et une possible réintroduction dans la nature au moyen de programmes d'élevage conservatoire. La création d'aires protégées, comme les parcs nationaux, les réserves naturelles, les réserves de biosphère, etc. est un autre outil primordial pour la conservation d'espèces menacées d'extinction. Parfois créé explicitement pour la protection d'une espèce en danger critique d'extinction, cet outil peut se révéler efficace (comme le Parc national de la Vanoise en France, créé pour la protection du bouquetin des Alpes Capra ibex qui a vu ses effectifs stabilisés), ou bien au contraire n'a pas permis de conserver les espèces menacées de son territoire (comme le Parc national d'Ordesa dans les Pyrénées espagnoles, qui n'a pas pu conserver la sous-espèce Capra pyrenaica pyrenaica du Bouquetin des Pyrénées, dont le dernier individu est mort en 2000). Enfin des traités internationaux ont été établis afin de lutter contre la disparition d'espèces. Par exemple la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction signée le 3 mars 1973 à Washington (CITES selon le sigle anglo-saxon, connue aussi sous le nom de « Convention de Washington ») est un accord intergouvernemental dont l'objectif est de protéger les espèces animales et végétales menacées d'extinction par les échanges internationaux en contrôlant le commerce. Liste de quelques espèces disparuesComme il est indiqué dans le chapitre "Causes", l'extinction d'une espèce est en général due à plusieurs facteurs. Un bon exemple est le cas de l'Étourneau de Bourbon, oiseau endémique de l'île de la Réunion dont les causes d'extinction sont nombreuses :
Cependant, pour certaines espèces la disparition est due à un phénomène majeur :
Espèces animales disparuesLe thylacine, au musée de New-York, en 1902.
Espèces végétales disparues
Espèces humaines et pré- humaines disparues
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
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