Le statut d'espèce menacée attire l'attention sur la vulnérabilité et le risque de disparition d'une espèce. |
| Le vison d'Europe |
Le vison d'Europe (Mustela lutreola) est un vison ; mammifère carnivore, de la famille des mustélidés vivant enEurope. C'est une espèce menacée qui a déjà disparu d'une grande partie de son aire de répartition.
Le vison d'Europe (Mustela lutreola) est un vison ; mammifère carnivore, de la famille des mustélidés vivant en Europe. C'est une espèce menacée qui a déjà disparu d'une grande partie de son aire de répartition.
DescriptionSa morphologie est celle typique des mustélidés : corps souple et élancé, pattes courtes, tête légèrement aplatie aux oreilles peu saillantes. HabitatBien qu'il passe la plupart de son temps sur la terre ferme, le vison d'Europe évolue presque exclusivement à proximité de l'eau. C'est pourquoi on le qualifie parfois d'animal semi-aquatique. AlimentationIl se nourrit de grenouilles, de petits mammifères (rats et campagnols amphibies), d'oiseaux, d'?ufs et de poissons (cyprinidés surtout). ComportementEn période de repos, le vison d'Europe utilise des gîtes situés à même le sol, à l'abri d'une végétation dense constituée le plus souvent de grosses touffes de carex ou de molinie, mais aussi de ronces. Le gîte peuvent aussi se trouver entre les racines d'un arbre, dans un terrier, sous une souche d'arbre recépée, sous un tas de bois... mais toujours à proximité d'une zone d'eau libre. Il ne creuse pratiquement pas de terrier lui même et préfère utiliser toutes les cavités à sa disposition, y compris d'anciens terriers de ragondin. Territorialité : le vison d'Europe exploite un domaine vital qui s'étend sur 2 à plus de 13 km de cours d'eau. Les femelles relativement sédentaires ont des territoires plus restreints que ceux des mâles dont certains ont été capturés deux fois à 44km et à 72 km de distance, ayant changé de rivière et de bassin versant. L'accouplement a lieu en janvier ou février, et après une gestation de 35 à 72 jours ( possibilité d'ovo-implantation différée) les naissances ont lieu de mars à juin avec 2 à 7 jeunes qui sont allaités environ 10 semaines et se séparent de leur mère à la fin de l'été. Il n'y a qu'une portée par an. Selon Thierry Lodé, le vison d'Europe est capable de s'hybrider avec son proche parent génétique, le putois d'Europe et les hybrides s'avèrent fertiles. Aire de répartitionAutrefois largement présent et réparti en Europe, il est actuellement en fort déclin. MenacesPlusieurs menaces pèsent sur cette espèce, et additionnent leurs effets, expliquant une rapide régression de l'espèce ; Destruction des habitats : La destruction ou le drainage des zones humides s'est considérablement accélérée dans la seconde moitié du XXe siècle. Elle a sans doute été très défavorable au vison d'Europe. La dégradation récente de nombreux milieux naturels (pollution, modification de la végétation...) s'est par ailleurs traduite par une baisse globale de leur capacité d'accueil pour l'espèce. Sa position de prédateur situé au sommet de la pyramide alimentaire l'expose plus que beaucoup d'autres espèces aux polluants bioaccumulés (métaux lourds, pcb, perturbateurs endocriniens ..) Chasse et piégeage : Au début du XXe siècle, le piégeage pour sa fourrure a joué un rôle majeur dans la régression du vison d'Europe. L'espèce est protégée depuis 1976 mais des animaux sont encore parfois détruits accidentellement par confusion avec le putois, le ragondin ou le vison d'Amérique. En Bretagne par exemple, les campagnes massives de destruction de visons d'Amérique ont probablement joué un rôle important dans la disparition du vison d'Europe. Poisons : Les campagnes d'empoisonnement de rongeurs déprédateurs (dont rat musqué et ragondins qui ont pullulé depuis leur introduction en Europe il y a quelques décennies) constituent également une menace bien réelle. Le vison d'Europe peut s'intoxiquer en consommant des rongeurs ou d'autres espèces non ciblées par les campagnes d'empoisonnement mais qui ont consommé des appats traités aux anticoagulants, et qui constituent des proies potentielles pour lui. Roadkill : De nombreuses infrastructures routières sont également meurtrières. Même si le nombre total de visons d'Europe victimes de mortalité par collisions routières est difficile à estimer, tout facteur de mortalité s'exerçant sur des populations fragiles et fragmentées peut conduire rapidement à une situation irrémédiable. Fragmentation de l'habitat et des populations : Dans les années 2000, plusieurs études ont montré que le déclin des populations de mustélidés en Europe, et tout particulièrement du vison d'Europe dans l'ouest de la France est au moins pour partie induit par le morcellement des populations, même là où le milieu n'a pas apparemment changé, ou pas globalement changé (Cf Roadkill, pression du piégeage, fragmentation écologique, dégradation des rivières, pesticides, etc.). ProtectionLe vison d'Europe est l'un des mammifères les plus en danger en Europe et à ce titre jouit aujourd'hui théoriquement d'un statut de protection totale. Au niveau européen, plusieurs plans de sauvegarde ont été mis en place, notamment en Estonie (suivi par Tiit Maran), en France (suivi par Thierry Lodé) en Allemagne (suivi par R Schroepfer). L'installation d'écoducs spéciaux dits « passages à visons » sous les ponts est à l'étude dans plusieurs secteurs ( zone Natura 2000 Vallée de l'Antenne par exemple) Les pièges peuvent être munis d'une "trape à visons d'europe" car ceux-ci sont beaucoup plus petits que les ragondins et les visons d'amérique. Le conseil général de la Charente a financé l'installation de ces trappes sur les pièges des piégeurs agréés. En France, le plus grand projet autoroutier de 2008 (Autoroute A 65 Pau-Langon qui sur 150 km, des Pyrénées-Atlantiques à la Gironde traverse une des dernières zones de survie du Vison d'Europe) a été bloqué le 20 mars 2008 par un avis défavorable du comité permanent du Conseil national de protection de la nature qui a jugé insuffisantes les mesures compensatoires proposées par l'aménageur/Concessionnaire[1]. Voir aussiLiens internesLiens externes
Notes et référencesBibliographie
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